Sid Ahmed Semiane : «Triste est le sort des despotes. Ils finissent presque tous à terre, déboulonnés par l’histoire, piétinés par des peuples en colère»

Sid Ahmed Semiane, journaliste Algérien
Sid Ahmed Semiane, journaliste algérien, né en 1971

 

Du cynisme dans sa plus belle performance. Les derniers caprices du roi Ubu. La rue dit non au cinquième mandat, elle exige le démantèlement de ce système. Lui, il reporte les élections, promet qu’il ne briguera pas de cinquième mandat, mais prolonge illégalement le quatrième. De facto, il s’offre un cinquième mandat sans passer par la case élection. Il méprise la rue, piétine la Constitution, attise la colère des gens, met en péril le destin d’une nation et prend le risque de provoquer l’effondrement d’un État déjà très fragilisé. Nous sommes face à un pervers. Un moribond, un mort qui joue aux temps morts pour gagner du temps additionnel. La Constitution, il en a fait une espèce de sous-règlement intérieur d’une entreprise familiale dont la seule fonction est de servir ses intérêts et ceux de son entourage. Alors, il l’amende comme on ajoute un codicille à son testament chez un notaire avant de mourir. C’est le propre d’une dictature. C’est la triste histoire des despotes. Ils ont ce petit quelque chose de romanesque et de pathétique en eux, ils ne voient jamais arriver le moment de s’arrêter. De sortir. De quitter la table, laisser la chaise, prendre l’issue de secours avant la fin, avant le feu. Triste est le sort des despotes. Ils finissent presque tous à terre, déboulonnés par l’histoire, piétinés par des peuples en colère. Bouteflika doit partir. Et immédiatement. Il n’est pas la dernière issue de secours. Il est l’incendie.

Source : entretien dans l’humanité

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