Salim Bachi : «Parfois il suffit d’un homme dressé seul face à l’abîme pour déchirer le voile des ténèbres»

«Parfois il suffit d’un homme dressé seul face à l’abîme pour déchirer le voile des ténèbres, un homme encore dans toute la force de l’âge, inflexible, sûr de son droit, fanatique. J’ai été cet homme pendant ces quelques jours de juin 1940, pendant la débâcle française alors que le monde libre s’écroulait, que Winston Churchill haranguait la France pour qu’elle ne capitulât pas devant l’avancée ennemie et se souvînt de Clemenceau arpentant les lignes du front pendant la Grande Guerre. Mais Clemenceau est mort depuis longtemps, paix à son âme , et il ne reste rien de cette France-là. Elle avait était ensevelie dans les tranchées, elle n’était plus qu’un corps sans vie et sans âme, elle avait perdu la foi, elle s’était ouverte les entrailles sur le Chemin des Dames, dans l’enfer des bombardements(…) elle n’était plus qu’un épouvantail sur des champs de blé (…) et ces maréchaux séniles qui dirigeaient son armée n’étaient que les spectres de cette France enterrée dans les fosses communes de Champagne, d’Artois et d’Argonne. Cette France capitula. Elle le fit le 17 juin par la voix de Pétain.»

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