Omar Carlier, Historien, Professeur à l'Université Paris Diderot. Né en 1943 et décédé le 22 octobre 2021

Omar Carlier : «Avec les médias comme avec l’Etat, l’histoire est une dimension du sacré»

«Nous avons vu que les médias se taisent et que leur silence «parle». L’Etat, lui, n’est pas silencieux, mais ses textes officiels, qui veulent instituer un ordre historique en assignant un sens à l’histoire, renvoient aux mêmes «symptômes». Nous retrouvons ici un autre aspect de la présence-absence de l’ENA dans la mémoire de l’Etat, illustrant une «dépendance» au passé génératrice de malaise et de «censure». Avec les médias comme avec l’Etat, l’histoire est une dimension du sacré. On ne l’aborde pas impunément. Outre le thème freudien du meurtre du «père» on y trouve l’ordre du mythe.

Largo sensu, le «corps de doctrine» commence avec un texte antérieur à l’indépendance. Avec le premier texte du FLN, le plus sacré, la Déclaration du 1er novembre, qui se définit elle-même, on l’oublie toujours en raison de sa brièveté, comme une «charte». Il s’achève, avant octobre 1988, avec la Charte nationale de 1986, toujours valide. Force est de constater la discrétion de la place que l’Etoile occupe dans ce corpus. Mais, plus que la longueur, qui n’a de sens qu’en fonction de celle que le texte accorde à chaque période et à chaque acteur, c’est d’abord à la modalité de l’être dans le texte qu’il faut s’attacher.»

Source : Mémoire, mythe et doxa de l’Etat en Algérie : L’Etoile Nord-Africaine et la religion du Watan

Omar Carlier, Historien, Professeur à l’Université Paris Diderot. Né en 1943 et décédé le 22 octobre 2021

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