Madjid Becheikh, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger il est actuellement professeur à l’université de Sergy-Pontoise

Madjid Becheikh : «Les élections dans le cadre du système politique actuel n’ont jamais réglé aucun problème de notre société»

«L’annulation des élections par lettre ou par un autre moyen est une violation de la Constitution. Mais les décideurs algériens ont toujours violé les Constitutions qu’ils ont eux-mêmes fabriquées. Encore une fois, des dispositions essentielles comme celles sur l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs législatif et exécutif ou sur les libertés démocratiques ou encore sur la liberté des élections ont toujours été violées impunément.
Les élections dans le cadre du système politique actuel n’ont jamais réglé aucun problème de notre société. C’est pourquoi, il faut d’abord «dégager le système», comme le demande la jeunesse et la grande majorité du peuple, pour organiser des «élections libres et honnêtes». Je ne pleure donc pas sur l’annulation des élections du 18 avril. Mais je dis que lorsque Bouteflika les annule pour se donner un sursis en prolongeant l’agonie du système, il manœuvre et porte un mauvais coup au pays.
L’annulation des élections accompagnée du maintien du chef de l’Etat dont le peuple demande le départ est une réponse tordue à une demande populaire forte. Le temps que le chef de l’Etat et son Commandement militaire croient gagner peut en réalité engager le pays dans des épreuves regrettables et préjudiciables. J’ai entendu le chef d’état-major dire que l’armée est au diapason du peuple en ce qui concerne l’avenir du pays. Il est temps de mettre en œuvre cette affirmation. Le peuple veut que le système et ses tenants dégagent…»

Source : entretien dans El Watan

Madjid Becheikh, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger il est actuellement professeur à l’université de Sergy-Pontoise

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