Hocine Aït Ahmed, opposant algérien, né le 20 août 1926 à Aït Yahia (Tizi Ouzou), mort le 23 décembre 2015 en Suisse

Hocine Aït Ahmed : «Le peuple algérien qui souffre des mésaventures de la dictature peut difficilement traduire ses aspirations, précisément parce qu’il y a eu la « trahison des clercs » et que l’intelligensia n’a pas joué son rôle»

«C’est évident que l’on ne peut pas passer brutalement de la dictature, telle que nous la connaissons à un régime démocratique à moins d’en avoir la farouche volonté politique. Je veux dire par-là que le peuple algérien qui souffre des mésaventures de la dictature peut difficilement traduire ses aspirations, précisément parce qu’il y a eu la « trahison des clercs » et que l’intelligensia n’a pas joué son rôle.

Il est donc évident que l’essentiel réside dans la volonté politique qui est le contraire de la volonté de structurer les aspirations populaire, de dire sans cesse: il faut ceci au peuple, il faut cela au peuple, sur la base de l’expérience qui s’est relevée désastreuse, d’exclure les plate-forme octroyées, les réformes octroyées, les lois cadres octroyées.

Il faut aller à l’écoute de ce peuple pour lui permettre véritablement de s’exprimer et de s’organiser dans toute sa spontanéité et inciter les couches sociales qui ne sont pas organisées à le faire. Je pense aux travailleurs, déjà structurés, soit par les comité du FLN, soit par le PAGS. Il faut véritablement créer un choc psychologique qui leur permette de se sentir libre de s’organiser.

De même, il faut inciter les femmes à d’organiser aussi librement et à l’échelle nationale. Tout ce que je peux dire, tout ce que je peux conseiller, c’est que les travailleurs, les femmes, les jeunes puissent véritablement saisir leur destin avec leurs propres structures, en dehors de tous les notables de la révolution. C’est la jeunesse, qui d’ailleurs constitue la majorité des Algériens, qui doit véritablement être l’artisan de son histoire.

Je pense que pour rendre le pouvoir à la société algérienne, un gouvernement d’unité nationale devrait se constituer. Il permettrait d’instaurer des débats qui encourageraient un processus progressif et pacifique d’organisation sociale à l’échelle nationale.»

Source : entretien dans Libre Algérie 13 octobre 1988

Hocine Aït Ahmed, opposant algérien, né le 20 août 1926 à Aït Yahia (Tizi Ouzou), mort le 23 décembre 2015 en Suisse

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :