Arezki Aït-Larbi : «Don Corleone jurant de mettre fin au trafic de drogue aurait été plus crédible»

Arezki Aït Larbi, est un journaliste algérien né le 11 août 1955 à d'Aït Yahia (Tizi Ouzou)
Arezki Aït-Larbi, est un journaliste algérien né le 11 août 1955 à d’Aït Yahia (Tizi Ouzou)

 

Le bilan d’un règne, qui aura duré deux interminables décennies, est pourtant là, éloquent, tragique. Mille milliards de dollars dilapidés, dont une bonne partie a fini dans des comptes off shore. Et pour ne citer que les scandales les plus emblématiques, les protagonistes des Panamas Papers, de l’autoroute Est-Ouest, et de Sonatrach sont protégés par une insupportable impunité et continuent de narguer les citoyens.

Et c’est le protecteur des délinquants qui promet de mettre fin à la corruption et au détournement des deniers publics ! Don Corleone jurant de mettre fin au trafic de drogue aurait été plus crédible…
Il promet de restaurer les libertés, alors qu’il les a bafouées. Il a interdit les manifestations au nom de l’ordre public ; il a muselé la presse et pourchassé toute expression libre. Même les Cafés littéraires n’ont pas été épargnés.
Il promet une nouvelle Constitution pour une nouvelle République, alors que c’est lui-même qui a mainte fois violé la Loi fondamentale pour la soumettre à ses fantasmes de despote oriental.
Il se targue d’avoir restauré la paix civile, alors qu’à son arrivée, en 1999, le terrorisme était déjà militairement vaincu. Il n’hésitera pas cependant à instrumentaliser l’intégrisme, qui lui servira d’épouvantail contre les aspirations d’émancipation citoyenne dans les libertés. Sans vérité ni justice, la «réconciliation nationale», qui a amnistié les criminels de tous bords, a laissé leurs victimes sur le carreau.

Victimes du terrorisme et familles des disparus sont sommées de taire leur douleur, pour ne pas déranger le festin des bourreaux. Comment oublier l’image insoutenable des effusions affectives du général Smaïn Lamari, patron de la lutte antiterroriste avec son acolyte Madani Mezrag, le chef de l’AIS, qui revendiquait avec une morbide délectation les râles ultimes d’un jeune gendarme, auquel il venait d’ôter la vie, avant d’exhiber son arme comme un trophée ?

Source : El Watan

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