Brahim Tazaghart : «La lutte incessante de plusieurs générations de militantes et militants a fini par payer»

«La lutte incessante de plusieurs générations de militantes et militants a fini par payer. En 1990, trois jours avant le rassemblement du 25 janvier devant l’APN, le gouvernement de M. Mouloud Hamrouche avait annoncé la création de l’institut de langue et de culture amazigh à l’université de Tizi-Ouzou.

Suite au boycott de l’année scolaire 1994-95, tamazight avait intégré l’école et le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), institution chargée de sa réhabilitation, fut crée. En 1996, Tamazight apparait dans le préambule de la constitution comme élément de l’identité nationale. En 2002, en plein printemps citoyen, elle est reconnue, pour la première fois de son histoire, comme langue nationale en vertu de l’article 3 bis.

Seulement, force est de constater qu’aucun texte de mise en œuvre de cette reconnaissance n’a été promulgué. Plus grave encore, des décrets qui font obstacle à la promotion de l’amazighité sont toujours en vigueur. Je parle du décret portant arabisation de l’environnement qui doit être enrichi ou abrogé, du décret portant code de l’état civil… À cela, il faut signaler le refus du législateur de faire à tamazight une place dans l’article 178 comme constante nationale. Fait qui ne la sécurise nullement et qui maintient ses défenseurs sous pressions.

L’enseignement quant à lui reste expérimental après 18 de son entame. Il est facultatif et point généralisé. Plus grave encore, de 15 wilayas en 1995, et au lieu de gagner de plus en plus d’espace, Tamazight est enseignée aujourd’hui dans 10 wilayas avec les wilayas d’Alger et Bordj Bou Arreridj qui ne disposent que d’un enseignant chacune !!

Face à cette situation intenable, il est plus que temps de réagir….»

Source : blog de Sadek Hadjeres

Brahim Tazaghart, militant du Mouvement amazigh, auteur et éditeur

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :